Laurent PERBOS

Étonnant de voir le chemin que prennent les artistes.

En 2016, Laurent Perbos à La Chapelle haute de Sète exposait des structures réalisées avec des élements de vélo. L’exposition s’appelait « Composition ».

Composition avec rouge, jaune et bleu 2011

Composition avec bleu, rouge et noir 2014
Tube acier thermolaqué, tube inox, rayons de vélo, grip, 167 x 90 cm

Et le clin d’œil à Mondrian était très sympathique.

Start. 2015

Et Laurent Perbos présente ainsi ce travail:





Dans Composition, je me réfère aux œuvres abstraites de Piet Mondrian que j’utilise comme prétexte à une nouvelle production. Au tout début du XXème siècle, l’œuvre picturale de Mondrian représentait des arbres, croqués en pleine nature, dans un style cubiste qu’il délaissera par la suite car « trop figuratif ». Progressivement, il radicalise son geste tout comme sa palette de couleur pour acheminer ses peintures vers leurs abstractions légendaires. Cette abstraction, est le point d’arrivée de l’évolution de la pratique de l’artiste, aujourd’hui, j’en fais mon point de départ. Par le biais de l’œuvre de Piet Mondrian, ce sont les mécanismes de monstration de l’œuvre picturale d’aujourd’hui que j’interroge. Je crée ici des énigmes visuelles où rien n’est tout à fait ce qu’il paraît : un vélo se transforme en tableau ou vis et versa et c’est ici, que réside toute l’ambiguïté de cette série. Si nous pouvons reconnaître des éléments identifiants soit l’un ou l’autre, les sculptures/peintures que je propose ne sont ni l’un ni l’autre. Je m’intéresse à créer un nouveau vocabulaire formel, quelque part entre peinture et sculpture entre formes, matériaux et idées. En remplaçant progressivement la toile et la peinture par d’autres matériaux qui les caractérisent, j’applique une représentation picturale à d’autres objets, positionnant ainsi l’œuvre dans un équilibre constant entre peinture et sculpture.

Les oiseaux en cages

On a aperçu derrière la vitre de la galerie La Serre située à Montpellier des oiseaux signé aussi Laurent Perbos.

Oiseaux galerie La Serre 2020

Et en image toujours un clin d’œil à Mondrian.

Ici à Fernand Léger

Kandinsky

Kandinsky encore

Sachant que le motifs de l’oiseau est découpé et c’est une reproduction d’un artiste qui apparaît collé au dessous.

Ici les larmes dorée qui sont présentés.

Ce projet sur les oiseaux n’est pas si simple.

Les oiseaux en cage. Symbole de liberté, l’oiseau est souvent matérialisé par son chant. Ici, en cage, il est remplacé par des éclairages. On aimerait croire que les canaris, le rouge-gorge et les inséparables de Laurent Perbos ont réussi à s’échapper de leurs prisons suspendues. Mais, dans cette installation initialement appelée Au-delà, il est plutôt question du silence des oiseaux, sinon de leur éloignement, à cause de l’éclairage public. Quoi qu’il en soit, ce court-circuitage a un fort potentiel poétique. Quand il ne leur donne pas une tête d’ampoule ou de néon, Laurent Perbos en affuble d’autres de casque de gladiateur ou de masque de catcheur. Dans sa volière sous cloche, toutes les métamorphoses sont permises. Grâce à un accessoire bien choisi, une posture adaptée, il crée des oiseaux-personnages (le clown, le fantôme, le Duc…) qui dénoncent notre bêtise à vouloir domestiquer les animaux sauvages. Et c’est très percutant.

En 2020

En février 2020 la galerie LA SERRE de l’arbre blanc présente une exposition plus complète de Laurent Perbos.

Avec les arbres

Les arbres

Les briques

Parpaings n#

Des ballons

Boule à facettes

Rainball

Des dessins préparatoires

Et toujours les oiseaux:

En dessin avec une découpe avec la reproduction d’un peintre connu: série avec Kandinski

Série avec miro

Et toujours les oiseaux naturalisés sous cloches avec sur la tête un accessoire qui se réfère à des personnages de son enfances:

Le Fantôme, Géronimo V , le sorciers, golden Tears Solo, incognito, etc…

Et les larmes brillantes de

Et ma composition préférée.

Donc il est intéressant d’aller voir son site pour comprendre l’évolution de l’écriture artistique de cet artiste.

Et avant 2020

Car quand il a commencé, Laurent PERBOS c’est par une réflection ironique sur le sport.

Un point c’est tout 1996
Cible, dimensions variables

Le tennis 2005

Ping pong 2005

Le travail ludique et décalé de Laurent Perbos englobe des supports diversifiés et s’applique aux activités sociales de masse. En pervertissant la matière ou la forme de l’objet premier, Laurent Perbos parvient à le détourner d’une manière inédite, se jouant avec humour de son aspect anecdotique et dérisoire. Avec son Ballon de football ( photo un peu plis bas ) en béton, il met en place une réédition brute et improbable de l’objet initial, version déroutante pour le spectateur navré. Ainsi, s’appropriant les jeux pour leur ajouter une dimension absurde, il transforme une cible à fléchette en objet conique ou une table de ping-pong en terrain cylindrique

Toute une expo sur ce sujet à Nice en 2015.

Ballon de football en cuir. 195 x 27 cm. 2006

Avec son Ballon de football en béton, il met en place une réédition brute et improbable de l’objet initial, version déroutante pour le spectateur navré. Ainsi, s’appropriant les jeux pour leur ajouter une dimension absurde, il transforme une cible à fléchette en objet conique ou une table de ping-pong en terrain cylindrique.

Il avait réalisé aussi ce projet . Dans Inflatabowl,

j’opère une récupération d’objets de loisirs déjà existants, comme les jeux de plages gonflables, dont je détourne l’usage. Ainsi, le spectateur se voit proposer des jouets, a priori bien définis, qui, à un moment donné, s’éloignent de leurs finalités, transgressent leurs règles et proposent un regard ambigu sur des notions d’attirance ou d’aversion, de plaisir ou d’appréhension, de mélancolie ou d’euphorie. J’essaie dans ce projet de créer un curieux mélange entre le réel, celui des objets du quotidien et le fantastique, le symbolique, le poétique créant ainsi une illusion des sens.

Comme le présente la galerie Baudoin Lebon

Laurent Perbos utilise majoritairement les matériaux issus de l’industrie du loisir (sport, bricolage, décoration) pour matérialiser des visions poétiques, relectures contemporaines d’émotions séculaires dont il considère qu’elles sont le fondement du désir de représentation. Ainsi la peur, la colère, l’émerveillement ou le rire se déploient dans des arrangements de matières artificielles aux couleurs saturées, fortement narratifs. Car Laurent Perbos raconte des histoires : de celles que le gamin chanceux se promet devant sa boîte de Caran d’Ache neuve. En bon post-moderne, il remixe pêle-mêle paysages fantastiques (tremplins sportifs démesurés de type « Jacques et le haricot magique », scènes de chasse exotiques…), ersatzs de nature modifiée (arcs-en-ciel brisés, rochers inquiétants, souches psychédéliques…), et références à une histoire de l’art classique (le « Martyr » de Saint Sébastien) et conceptuelle (les « Compositions » de Mondrian) avec malice ou gravité, c’est selon. Alors chez Perbos, comme chez Walt Disney, on pleure en technicolor. Dorothée Dupuis, 2012

Dans l’oeuvre Invert Pyramid l’aspect sculptural domine fortement. Les figures géométriques classiques comme le cube, le rectangle ou la sphère, tout comme la pyramide, sont des formes « parfaites », « idéales », « absolues » qui ne font référence à rien d’autres qu’à elles mêmes. Ces formes sont donc tellement référentielles qu’elles en deviennent insignifiantes, voir informelles. Cette disparition de la forme, vise à créer chez le spectateur un brouillage des signes de ce qu’il perçoit : un court-circuitage entre la forme, la couleur et l’objet qui composent cette oeuvre. Ici, le choix des couleurs de l’arc-en-ciel représente toutes les couleurs, c’est à dire la colorimétrie infinie. Laurent Perbos compare souvent l’image du spectre chromatique à celle de la palette du peintre car, sur cette dernière, est déjà contenue à l’état pur, les couleurs du tableau qu’il s’apprête à réaliser. En d’autres termes, avec toutes les couleurs, tous les tableaux sont réalisables et donc, par extrapolation, la figure de l’arc-en-ciel symbolise pour l’artiste le tableau ultime

Rubble 2016
Bois de chêne massif, tubes de cuivre, 175 x 100 x 80 cm
Vues de l’exposition Sculpture en partage, Villa Datris, Isle-sur-la-Sorgue, 2016

L’œuvre Rubble s’inspire de sculptures déjà réalisées auparavant, comme « parpaings » et « souches », rassemblées cette fois-ci au sein d’une seule et même installation.
Issues d’un vocabulaire de formes et de matériaux différents, toutes ces sculptures seront, par un savant jeu de disposition, liées les unes aux autres et formeront un espace narratif. Un tas de parpaings en chêne massif s’éparpillent au sol tandis qu’une végétation, faite de tuyaux de cuivre, gagne progressivement ce semblant d’architecture. Au travers de cette hypothétique civilisation détruite, rongée progressivement par la nature, c’est bien la déchéance d’un monde avili par la contemporanéité que Rubble évoque. Un monde de faux semblant où les marbres sont devenus plâtres, les pierres précieuses du plastique, les ruines des parpaings. Une sorte de tragédie grecque où la dramaturgie sonne faux… Une nouvelle beauté contemporaine, qu’il vaut mieux ne pas déplorer mais plutôt apprendre à regarder

Diamonds Fly Away
Plâtre polyester, pierres semi-précieuses, pie naturalisée
Dimensions variables (+/- h:90 x 40 x 32 cm 2018

Calydon 2010
Structure métalique, sandows, javelots, dimensions variables
Vues de l’exposition Tout l’Univers, Centre d’Art Contemporain d’Istres.

Pour aller plus loin sur Laurent Perbos cliquer sur ces deux liens

http://www.documentsdartistes.org/artistes/perbos/repro.html

http://www.baudoin-lebon.com/fr/artistes/oeuvres/19862/laurent-perbos

https://youtu.be/Laz9ATMXU-8

Présentation de l’artiste ici.

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