L’art de l’épingle.
A la Tannerie, ce centre d’art autogéré par les artistes, se tenait une exposition où j’ai déouvert le travail de Sandrine Thiébaud Mathieu.

Sur son site, on trouve cette définition de son travail ‘ Produire un art social trans’classe et mémoriel pour une réconciliation quotidienne au Monde. »

…. Sandrine Thiébaud Mathieu s’inscrit dans une filiation d’art textile, mais c’est l’épingle, plus que le tissu, qui en constitue la trame essentielle. Matériau discret, domestique, presque invisible…





Sur son site : https://www.thiebaud-mathieu.com/à-propos



Je vous conseille de faire un tour sur son site :
https://www.thiebaud-mathieu.com/à-propos.
pour trouver les dates où voir son travail, car les photos ne rendent pas cette finesse du reflet, du moirage du tissu et des reflets des épingles dans la mise en espace de ses compositions.
On peut y voir d’autres images de son travail et surtout avec leur légendes.












“ Soft White” douceur du coton crocheté……
Je ne peux finir cette découverte que par le texte d’introduction de son site:
https://www.thiebaud-mathieu.com
Sandrine Thiébaud Mathieu produit un art qui se veut transclasse et mémoriel pour une réconciliation quotidienne au Monde.
Fille et petite-fille d’ouvriers bonnetiers, elle grandit à Troyes, dans les souvenirs d’une ville autrefois prospère, dans la déliquescence des usines textiles, du tissu social où l’intimité même de la famille est ébranlée.
Inconditionnelle de Bonnard et de Rothko, elle éprouve l’incommensurable. C’est la découverte de Pierrette Bloch et celles des écrits de
Le Bot, de Bachelard, de Maldiney et leur chère phénoménologie qui bouleversent sa conception de l’art. Elle s’autorise à laisser les choses advenir, sans crainte. Elle sait de ce savoir “autre” qu’elle doit les faire, que les œuvres doivent venir, sous différentes formes, sous différentes techniques.
Son mode d’expression est fait de rétivité, de résistance. Pour cela, elle affectionne les épingles, héritage familial et féminin, des milliers d’épingles qu’elle pique les unes à côté des autres dans du tissu, en rangs plus ou moins serrés, bien droits ou ondulants. Elles forcent le tissu, le tordent jusqu’à le maintenir dans son mouvement, suspendu. Parfois, en prémices, des broderies faites main jalonnent le tissu ; de simples chemins pour guider le piqué des épingles. Transfiguré, là où le petit matériel se retire habituellement pour que la pièce textile soit, ici il en est l’incarnation.
Parfois, le tissu de seconde main s’invite et convoque les souvenirs. ; les siens où ceux qui lui remettent le tissu. Avec ce récit tantôt imaginé tantôt dévoilé, le travail artistique poursuit cette histoire, la porte ou au contraire pour l’infléchir jusqu’à lui offrir un autre chapitre plus clément.Naissent ainsi des cartographies abstraites dont les titres sont souvent empruntés aux écrits de Bachelard, Arthur H, Borges ou encore Damasio, chez qui elle trouve la justesse des mots. Par résonance toujours, le titre s’impose. L’œuvre nommée devient dès lors tangible. Elle aime cette idée. Parfois le titre fait écho à une actualité car l’œuvre n’y a pas échappé.
Devant l’œuvre de Sandrine Thiébaud Mathieu, le spectateur éprouve la magie de l’alchimie, sous ses yeux, opérante. Le temps du regard, d’un léger déplacement, d’un clignement du soleil, le scintillement métallique des épingles offre à l’œuvre une multiplicité d’être, sans cesse renouvelée
Et pour voir d’autres images de ses créations : https://www.instagram.com/sandrinethiebaudmathieu