Laura Sánchez Filomena

Taxinomie

À la tannerie de Houdan, ce lieu d’exposition autogéré par les artistes, nous a permis de découvrir au mois de mars des artistes qui travaillent le fil.

Et dans le champ poétique des ouvrages en miniature tissées, Laura Sánchez Filomena nous entraîne dans un univers où le cheveux comme matière première se tisse en broderie qui, de fil en aiguille, nous emmène dans un cabinet de curiosités qui déborde de couleurs.

Pour permettre de voir de plus près, chaque pièce est présentée avec une loupe.

Le cheveux teint est utilisé comme fil à broder, et les formes de tissage qui résultent du travail de Laura Sánchez Filomena nous emmènent entre le végétal et certaines minéralités et aboutit à des objets proches des cabinets de curiosités.

L’artiste nous montre aussi des dessins sur papier avec des feuilles d’or et encre de Chine.

En effectuant des recherches sur son compte Instagram , ou sur le site:

https://www.fiberartfever.com/artiste/laura-sanchez-filomeno/

différents univers ont été abordés par Laura Sánchez Filomena, comme celui de la cartographie avec des pièces un peu plus grandes.

Série Portulans 2020 2024. Broderie en cheveux naturels colorés sur soie
Série Portulans II Mar del Zur 2021 .
Broderie en cheveux naturels colorés sur soie. 20/35/35.cm

Série Portulans II Mar del Zur de la série ATLAS. 2018 . Broderie en cheveux naturels matériaux organiques. 19//17 cm

Ou cette présentation de plantes .

Pièce de 2016 , tissage avec ses informations texte code barre et flash code

.

C’est une artiste que l’on va avoir du plaisir à suivre pour voir comment elle va tisser des liens avec le réel par une taxinomie propre avec son language.

La taxonomie ou taxinomie est une branche des sciences naturelles qui a pour objet l’étude de la diversité du monde vivant.

Sandrine Thiébaud Mathieu

L’art de l’épingle.

A la Tannerie, ce centre d’art autogéré par les artistes, se tenait une exposition où j’ai déouvert le travail de Sandrine Thiébaud Mathieu.

Sur son site, on trouve cette définition de son travail ‘ Produire un art social trans’classe et mémoriel pour une réconciliation quotidienne au Monde. »

…. Sandrine Thiébaud Mathieu s’inscrit dans une filiation d’art textile, mais c’est l’épingle, plus que le tissu, qui en constitue la trame essentielle. Matériau discret, domestique, presque invisible…

Sur son site : https://www.thiebaud-mathieu.com/à-propos

Je vous conseille de faire un tour sur son site :

https://www.thiebaud-mathieu.com/à-propos.

pour trouver les dates où voir son travail, car les photos ne rendent pas cette finesse du reflet, du moirage du tissu et des reflets des épingles dans la mise en espace de ses compositions.

On peut y voir d’autres images de son travail et surtout avec leur légendes.

“ Soft White” douceur du coton crocheté……

Je ne peux finir cette découverte que par le texte d’introduction de son site:

https://www.thiebaud-mathieu.com

Sandrine Thiébaud Mathieu produit un art qui se veut transclasse et mémoriel pour une réconciliation quotidienne au Monde.
Fille et petite-fille d’ouvriers bonnetiers, elle grandit à Troyes, dans les souvenirs d’une ville autrefois prospère, dans la déliquescence des usines textiles, du tissu social où l’intimité même de la famille est ébranlée.
Inconditionnelle de Bonnard et de Rothko, elle éprouve l’incommensurable. C’est la découverte de Pierrette Bloch et celles des écrits de
Le Bot, de Bachelard, de Maldiney et leur chère phénoménologie qui bouleversent sa conception de l’art. Elle s’autorise à laisser les choses advenir, sans crainte. Elle sait de ce savoir “autre” qu’elle doit les faire, que les œuvres doivent venir, sous différentes formes, sous différentes techniques.
Son mode d’expression est fait de rétivité, de résistance. Pour cela, elle affectionne les épingles, héritage familial et féminin, des milliers d’épingles qu’elle pique les unes à côté des autres dans du tissu, en rangs plus ou moins serrés, bien droits ou ondulants. Elles forcent le tissu, le tordent jusqu’à le maintenir dans son mouvement, suspendu. Parfois, en prémices, des broderies faites main jalonnent le tissu ; de simples chemins pour guider le piqué des épingles. Transfiguré, là où le petit matériel se retire habituellement pour que la pièce textile soit, ici il en est l’incarnation.
Parfois, le tissu de seconde main s’invite et convoque les souvenirs. ; les siens où ceux qui lui remettent le tissu. Avec ce récit tantôt imaginé tantôt dévoilé, le travail artistique poursuit cette histoire, la porte ou au contraire pour l’infléchir jusqu’à lui offrir un autre chapitre plus clément.Naissent ainsi des cartographies abstraites dont les titres sont souvent empruntés aux écrits de Bachelard, Arthur H, Borges ou encore Damasio, chez qui elle trouve la justesse des mots. Par résonance toujours, le titre s’impose. L’œuvre nommée devient dès lors tangible. Elle aime cette idée. Parfois le titre fait écho à une actualité car l’œuvre n’y a pas échappé.
Devant l’œuvre de Sandrine Thiébaud Mathieu, le spectateur éprouve la magie de l’alchimie, sous ses yeux, opérante. Le temps du regard, d’un léger déplacement, d’un clignement du soleil, le scintillement métallique des épingles offre à l’œuvre une multiplicité d’être, sans cesse renouvelée

Et pour voir d’autres images de ses créations : https://www.instagram.com/sandrinethiebaudmathieu

Sandrine Ars-Coignar, Marie José MALARGÉ, KangSang.

A la Tannerie , espace d’exposition de Houdan trois artistes se partagent le lieu.

La peinture à la plume

MARIE JOSÉ MALARGÉ

« Depuis 1965, Marie José Malargé reste fidèle à sa technique originale : peinture à la plume sur papier.
Elle réalise ainsi une manière d’écriture très personnelle par laquelle elle explore, apprivoise et s’approprie son espace et ses objets familiers dans toutes leurs dimensions. »

Regardons cette technique originale

Les sujets souvent minimalistes sont épurés formellement pour ne représenter qu’un volume coloré. Mais ces formes sont quand même, attachées à un réel.

Si vous voulez rentrer dans son univers : Voir ses fleurs , ses poissons…

Allez voir son site:

https://mariejosemalarge.com/accueil/

Des petites sculptures de marbre.

Sandrine Ars-Coignard

 Céramiste – C’est en parallèle de son métier de restauratrice, activité professionnelle qu’elle effectue avec son époux Benoit Coignard. Ils ont des commandes pour différents musées comme celui de Nîmes et d’Arles ou la restauration de la collection Khmer du musée Guimet. Sandrine Ars-Coignard pratique la sculpture.

Comme l’écrit son ami Dominique Lacoste «  Chez Sandrine, tout est finalement sculpture, depuis les premières grandes statues figuratives,    galbées et polies, des vierges émergées d’un bois de tilleul ou d’essingang au burin, les pains de terre désormais debout et entrepris dans la masse, et les blocs durs dont les noms font voyager : pierre du Bois-des-Lens, marbre de Carrare, albâtre du Brésil. Le voyage est d’ailleurs multiple. Déjà il se devine au cœur de la taille d’un matériau qui impose sa loi : irréversibilité des coups portés, savoir-faire qui doit toujours composer sans se soumettre, déploiement d’une certaine force. Il s’éprouve ensuite dans l’invitation à tourner autour de l’oeuvre finale, qui se révèle plurielle, et l’on se surprend à ne plus savoir quel abord on préfère. Enfin, il se trouve dans le déplacement du rendu de la surface. Le traitement de la céramique    ̶    dont le raku mais pas seulement    ̶    détermine à l’oeil et à la main rugosité, aspérités, craquèlements, quelques passages concédant de la brillance, et établit une correspondance avec l’aspect brut de la pierre primitive qu’on ne saura jamais. Puisque celle-ci ne manifeste plus que douceur mate et poudrée, velouté opalescent, plis et replis lisses en mouvements figés, même s’ils semblent prêts à s’animer. Au terme du voyage essentiel, celui de la création. »

La troisième artiste nous présente des toiles au premier étage.


KangSan

Cette artiste coréenne nous présente trois volets de son travail qu’elle définit comme suit:

Ma peinture trouve son inspiration dans la vie et l’humain mais plus que la représentation des corps ou des visages, ce qui m’intéresse c’est de capturer les émotions, les histoires, les désirs et les contradictions.

De façon non conventionnelle l’artiste travaille chaque série avec des écritures différentes, pour moi, il a fallut l’écriture de cet article pour en saisir le sens, car je suis bien entré dans des images à l’encre tout de suite, et je n’ai pas vu de linéarité avec les acryliques situés à l’opposée de l’espace .

Sa série rêve ou souvenir mélange un travail à l’encre que l’on recent comme issus d’une culture coréen et d’autres toiles qui sont plus dans une peinture très expressionniste. Difficile de voir de lien les séries de toile très différentes:

Autoportrait (Acrylique sur carton – 80×60
Sans titre (Acrylique sur carton – 80×60
Sans titre (Acrylique sur carton – 80×60


Inspire Expire  (Acrylique sur carton – 80×60
Sans titre (Acrylique sur carton – 80×60

Le mieux pour comprendre le travail présenté , il faut lire :

https://latannerieregardparole.fr/kansan/

Le travail de KangSan est un travail de réflexion sur la complexité des sentiments humains. Ce travail l’amène à se plonger dans le tourbillon des émotions humaines, dans ses méandres.
Chaque toile est une invitation à explorer nos propres émotions, souvent contradictoires et entremêlées.
Les traumatismes de la vie et le souvenir sont également des thèmes récurrents dans ce travail. Ils sont représentés tantôt de manière poétique tantôt de manière plus crue mais, ici encore, il s’agit d’une invitation à plonger dans nos propres émotions, à affronter nos traumatismes, à chérir nos souvenirs ou essayer d’y trouver une explication au présent.
Cette exploration de l’âme humaine s’exprime notamment les séries suivantes :
« Ligne du Destin »
Dans cette série, ce sont différents destins (soulignés par une surintensité lumineuse le long
de la ligne du destin de la main) qui sont illustrés. Cette série est organisée comme une galerie
de portraits et peut, sous certains aspects, évoquer un reportage mettant en œuvre portraits
peints et photographies N&B. Ici les modèles prêtent à la fois leur visage et l’une de leur main.
La photographie est l’instrument d’une volonté de précision qui, en restituant les détails d’une ligne symbolisant le parcours passé et à venir d’une vie, s’oppose à l’expression parfois. trompeuse ou aléatoire d’un visage peints.
« Rêve »
Cette œuvre se présente sous la forme de six tableaux et d’un miroir. Tel un scénario, les six tableaux montrent la progression d’un passant dans une rue au petit jour jusqu’à son point. d’arrêt : un miroir abandonné. Ce miroir sur lequel le mot « rêve » est écrit intrigue le passant. L’image renvoyée par ce miroir est d’abord celle du passant mais par extension celle de nos
propres vies.
Au travers de la rencontre fortuite de ce passant et de ce miroir, c’est une représentation de. la vie et de ses hasards qui est exprimée. La vie est une succession d’évènements et de choix.
A chaque évènement est associé un choix. De ce choix découle un autre évènement.
« Souvenir »
Cette série est un exercice de mémoire qui draine mes souvenirs d’enfance, des souvenirs. d’une époque pas si lointaine durant laquelle la société Coréenne relevait la tête à marche forcée, des souvenirs d’une époque pleine de promesses et de progrès mais marquée par la. présence d’un état autoritaire contrôlant l’information, la population et son éducation

On rentre bien dans ses toiles, on est pris dans une profondeur, on est dans la tache, on réagit à l’opposition entre le personnage et son environnement réel ou en pensée, même, si on ne devine pas exactement le sens. Il faudrait revoir l’exposition de KangSan après avoir lu et vu son site pour mieux apprécier cette ambiance picturale qu’elle nous a présentée à la Tannerie de Houdan.

Pour en savoir plus : https://www.kangsan-art.com/

On découvre son autoportrait

Les mots de l’article:

La Tannerie Houdan, Marie Josée Malargé, Sandrine Ars-Coignard, KangSang, peinture à la plume, sculpture, artiste coréene, Olivier Côme,