Christian ZEIMERT

Associé au mouvement La figuration narrative.

Il était au départ avec Henri Cueco, Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré, Gérard Tisserand pour la création de La Coopérative des Malassis (un collectif d’artistes fondé en 1969). Cette coopérative Premiers street art affichiste pour bousculé le monde de l’art et ses codes.

Membre du groupe Panique, illustrateur pour les revues Le Fou Parle et Hara-Kiri, animateur d’une émission de Radio Libertaire, collaborateur des Papous dans la tête sur France Culture.

Il a bâti une œuvre quasi unique en son genre. Christian Zeimert qui vient de nous quitter avait gagné un surnom aussi singulier que surprenant. Il est le peintre « calembourgeois ». « Parce que toutes mes toiles prennent vie à partir d’un jeu de mots » explique l’artiste, aux ascendances lorraines et luxembourgeoises. Le calembour est le point de départ et le titre de chaque peinture.

Lu panard

Jesus et les dix slips.

Monument aux Ivres mort. Centre Pompidou

Théière de Chardin

Tintin au lit à Sète à 77 ans , 1984

Matière à réflexion , 1983.

Quatre trous verts 1998

Remonte pente á la plage. 1998

Évolution du vert bleu en rose. 1998

Sans titre

“Jeux de Mots, jeux d’Images

LE DESERT DES TARTARES, 1988 ,

Cette oeuvre fait partie de la suite “Estampes et Révolution, 200 ans après”, commande du Ministère français de la Culture dans le cadre du Bicentenaire de la Révolution française.

Christian ZEIMERT

Les peintures sont dans le désordre, mais ce blog est juste pour lui rendre hommage.

Deux textes de critique d’Art sur ce peintre.

En 1970, Pierre Gaudibert inaugure l’ARC (atelier de recherche et de création) au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Ce lieu, pour les trente ans à venir, sera le plus grand laboratoire français de l’art contemporain. La première manifestation est une double exposition qui présente. Andy Warhol et Christian Zeimert. Pour tous les deux, il s’agit d’une première exposition muséale et d’une consécration.

Qu’est-ce que ces artistes ont en commun ? Tous deux regardent le monde

Zeimert dans les magazines illustrés évoque la grande guerre de 14-18 à travers les images de la presse.

Warhol pioche dans l’actualité. Le succès de Zeimert est immédiat, le grand collectionneur Daniel Cordier lui commande de nombreux tableaux; ils seront présentés à Beaubourg et on peut aujourd’hui les croiser aux Abattoirs, le musée d’art contemporain de Toulouse. La peinture de Zeimert est lente et minutieuse. Il lui faut plusieurs mois pour achever un tableau, ce qui ne facilite pas le développement de son marché. Mais cette attitude sera toujours la sienne. Ses tableaux se construisent autour de jeux de mots, ils évoquent toujours l’enfance des jeux (confettis, jeux de cubes, meccano, etc.) mais ce qui en fait la force, c’est leur attrait pictural. Les matières sont onctueuses et sensibles, elles parlent au-delà de ce que leur sujet exprime. Aujourd’hui, les 80 ans dépassés, les succès et la renommée derrière lui, il reste à découvrir comme un précurseur de la postmodernité. Une sélection de ses œuvres est présentée à Area qui lui a déjà consacré quelques ouvrages.

Alin Avila. 2017

Quelle illustration plus précise peut-on donner du principe panique de l’humour et du « refus de la gravité », de l’emploi simultanée de toutes les morales, du gout pour les notions généralement ou occasionnellement « tenues pour méprisables », du rejet « de la pureté et autres formules policières » ! Ce sont des textes et des actes qui ne pardonnent pas dans le microcosme parisien, et l’on peut, j’en suis parfaitement d’accord, gravement les critiquer, ou les critiquer gravement. Mais Zeimert, lorsqu’il peignit une Olympia bardé de caviardages mal ajustés (Censure hâtive), lorsqu’il bâillonna l’auguste effigie qui ornait un billet de 50 francs déchiré par ses soins (Le prix du silence), s’attaquait symboliquement, encore une fois, aux contraintes et aux astreintes, même lorsqu’elles sont imposées au nom de choix qu’il recoupe sur certains ponts. On retrouve dans cet exemple, et sans quitter les rapports de l’œuvre et de son artiste, le problème de la subversion dans la subversion, du refus de toute position de refus critique, dès lors qu’il tend à devenir « convenable » par le consensus du plus grand nombre ou par l’action autoritaire d’une minorité agissante. C’est peut-être là toute l’ambiguïté Panico-libertaire d’un état d’esprit et d’un comportement qui aide à la liquéfaction des structures tout en « cultivant quelques lieux communs », tel que l’humanisme, l’universalisme et le pacifisme.

Gérald Gassiot-Talabot. 1973

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