Street art à la Parcelle 473

L’évolution d’un vignoble dans le Nord de Montpellier est intéressante.

Il ne reste que la parcelle N°473 de ce vignoble du grand père Rigail. Le fils Jean Louis, plus industriel que vigneron, a crée ou diffusé un emballage pour le vin, le manicube. Celui-ci est l’ancêtre du Bag-in-Box. Il était composé d’une caisse de plastique qui ressemblait à une brique de Lego, et d’une taille similaire au caisse de vin de l’époque. Il était rempli avec une poche semi rigide pour mettre le vin.

Mais avec l’envol du Bag-in-box en carton, Jean Louis Rigail a changé de cap, il est devenu courtier en vin et aussi dans l’immobilier, car, l’extension de la ville a grignoté son domaine viticole. Lycée, école et quartiers nouveaux ont été bâtis sur les vignes autour du chai.

Le petit fils du vigneron, Laurent Rigail a continué dans l’immobilier et, pour faire vivre sa passion, il a fondé en 2001 une galerie d’art contemporaine avec Éric Brugier. Spécialisés plus vers l’art contemporain, Ils se sont installés à Paris et Séoul.

Pourquoi tant de responsables de programme immobilier se mettent à investir dans les galeries, c’est aussi grâce à la défiscalisation induite lors de l’acquisition d’un bien artistique comme nous le précise la présentation sur le site de la galerie Brugier/Rigail :

“ avec une imposition sur les plus-values à 5% et jusqu’à une exonération totale dans certains cas de Bénéfices Non Commerciaux ou encore l’exemption de l’impôt sur la fortune, l’art se place en tête des nouveaux investissements réalisés par les français. L’acquisition d’oeuvres permet ainsi de réduire le bénéfice imposable d’une société avec la démarche suivante:

  1. Acheter une oeuvre d’art
  2. L’exposer dans un lieu ouvert au public pendant 5 ans
  3. Enregistrer le montant dans un compte d’actifs immobilisés
  4. Déduire le prix d’acquisition du résultat imposable des 5 ans à venir dans la limite de 5% du CA (art.238b du CGI)”.

Il est donc venu l’idee à Laurent Rigail de transformer le bâtiment de la cave du chai de son grand père en un lieu pour le street art. Il appelle ce lieu “ Parcelle 473, ce qui fait à Montpelier un lieu d’Art, presque un musée du Street Art.

La guide de cette galerie/musée du street art est étonnante, une culture très complète sur le mouvement de street art, elle nous explique le parcours de chaque artiste et de chaque tableau comme une historienne de l’art de l’école du Louvre nous détaillerait un tableau historique au musée Fabre.

On commence la visite par un bus installé dans la cour, celui-ci a longtemps été sur les quais de Seine dans les années 1970/80. Il est illustré principalement par Speedy Graphito. Speedy Graphito est présenté comme un des premiers street artistes en France. Mais comme le rappelait Géraldine notre guide, le mouvement est né plus à Brooklyn et New York. C’est là que des premières galeries ont été créés, malgré l’ambiguïté de la récupération d’un mouvement plutôt anti-établissement.

Ici Speedy Graphito exprime un mouvement générationel que l’on trouvera à cette époque dans la musique et la bande dessinée. Son graphisme exprime plus de la figuration libre dans la rue.

Mr Chat est très présent dans ce lieu.

Sculpture

A l’extérieur et à l‘intérieur du chai, il y a du Mr Chat. Celui-ci réalise maintenant beaucoup de tableaux et de sculptures, il présente son personnage “le chat “ sous des formes différentes.

Plusieurs toiles de Mr Chat,

Très pédagogiques, les flayers grand format présentent les artistes.

Chaque ancienne cuve a été agencée pour créer un espace pour des acteurs du street Art.

Un autre artiste est présenté Levalet.

Et il y a aussi ce grand collage de papier, plus proche du travail de l’artiste français Jacques Villeglé, connu pour son travail à partir d’affiches collectées dans la rue, qu’il lacère. Mr J. Villeglé vient de mourir à l’âge de 96 ans.

Le président du Centre Pompidou Laurent Le Bon a salué « la mémoire de J. Villeglé comme un grand artiste, flâneur et collecteur d’affiches dont le travail singulier a marqué la seconde moitié du 20e siècle ». Il était « un pionnier de l’art urbain ».

Ici Vilchs réalisè un travail inverse. Au lieu de retirer de l’épaisseur, il crée en épaisseur à partir des lacérations d’affiche. Il compose une œuvre en trois dimensions.

Madc

Crash

On découvre le travail labyrinthique de Atlas qui, dans la rue, est réalisé par soustraction de la peinture de rubans adhésifs d’emballage. Ici les blancs de la toile présentent cette calligraphie de l’enlèvement.

Dans cette présentation très internationale des acteurs du street Art, un des espaces est consacré à une des références du Street Art: Jonone.

Dans les travaux réalisés au pochoir, il y a cet étonnant tableau de Nick Walker réalisé avec trois pochoirs, un noir, un gris et un ocre, ce qui donne une impression de profondeur.

D’autres artistes connus sont présentés comme les affiches de Fairay Shepard (explication ambigüe sur le positionnement de Obey sur son travail).

Il y a aussi une référence à Banksy, cet artiste qui représente bien un problème pour les galeries, elles doivent respecter la volonté de l’artiste qui ne veut pas de récupération marchande de son travail. Donc une personne a reproduit l’image icône de Banksy et il le tourne en dérision par ce montage ( mais cela se vend).

D’autres classiques de street art sont là:

Pas de problème pour la boutique, séries spéciales et numérotées d’affiche, objet et céramique se multiplient et sont à la vente.

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Pour finir, deux tableaux que j’ai aimé mais je n’ai pas eu le temps de noter. les auteurs.

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Il y a aussi un illustrateur, pourquoi dans le street-art? Si ce n’est comme un étudiant en art, il a du coller une de ses images sur un mur. Et un autre artiste que j’aurai plus vu au musée de l’Art Brut.

Le site du lieux est :

https://www.parcelle473.com

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