Années POP années CHOC

La figuration narrative des annes 1970

Le site du mémorial de Caen a présenté une exposition de tableaux des peintres des années 1970 très intéressante et complémentaire de ce musée mémoriel.

Car le musée va au delà de la commémoration, par sa présentation des armes et images de la guerre et des batailles, il présente aussi le comment par la propagande on arrive à des genocides et violences de masse, et comment par l’analyse et le bilan de cette guerre, on est arrivé à rassembler des peuples pour réaliser la paix.

Avec l’exposition PopChoc, le musée nous replonge dans le combat contre les guerres des années 1960-70, le Viêt Nam, Cuba et les révoltes contre les autoritarismes. C’est sous l’angle particulier du mouvement de la figuration narrative que des peintres vont montrer les contradictions de cet époque. Grâce à eux, la peinture et l’Art sont sortis des galeries et musées pour manifester, à leur manière, leur combat contre les inégalités de l’époque (avec les ambiguïtés de ce groupe très Maoïste qui a vu dans ce mouvement chinois un moyen de libération des pouvoirs par une révolution culturelle sans voir la dictature du parti).

C’est une époque où les médias sont très contrôlés, et la société change énormément. Ce sont ces artistes qui ont vraiment apporté dans beaucoup de médias une nouvelle culture par une ouverture des formes graphiques et par une analyse sur l’image et sa circulation.

Il faut remercier la Fondation Gandur pour l’Art de Genève qui a co-organisé cette exposition et prêté les tableaux.

Parmi les thématiques, la contestation de la guerre du Viet-Nam est à l’origine de beaucoup de tableaux.

Jacques Monory. En murmurant
1970 huile sur toile

Errō. Intérieur américain n°5.
1968 huile sur toile

“Erró, ici, reprend une affiche de propagande nord-vietnamienne mais des combattants semblent envahir un intérieur américain. L’artiste fait entrer la guerre du Viet Nam dans les foyers de la classe moyenne à travers la télévision, montrant l’ampleur qu’un tel conflit peut prendre par l’intermédiaire des médias. “ (explication du tableau trouvée sur le. site du ciné-club de Caen).

Bernard Rancillac. Mélodie sous les Palmes.
1965. Acrylique sur toile

Hervé Télémaqye One of the 36000 Marines over Antilles
1965 huile sur toile

Erró. La place rouge.
1971 huile et peinture glycérophalique sur toile

Erró. Les rossignols de Wall Street. Effimov 1962.
1970 peinture glycérophalique sur toile

L’introduction des personnages de BD dans ses tableaux est typique du travail de Erró, ici dans le rossignol …. Il symbolise les pouvoirs qui protègent Wall Street (banque, répression…) et les exemples d’images de bande dessiné que l’on diffuse dans certains journaux .

Erró. Au travail, Lissogorsky.
1970 peinture glycerophalique sur toile

Plus difficile à comprendre en 2023, ce tableau de 1968 qui représente Lissogorsky. Un allemand au passé Nazi qui attaque le mur représentant les fondements de l’Allemagne pervertie par une culture étrangère.

“Dans sa série Torture Manor, Stanton and Jim Bondage, Erro associe une caricature antiallemande ou antiaméricaine publiée durant la guerre froide en Union soviétique à des scènes de sadomasochisme tirées de magazines fétichistes américains.”

“Erró reprend à son compte la critique de la clémence de la justice ouest-allemande à l’égard des criminels de guerre nazis.” (Explication issue du site du ciné-club de Caen).

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Les mutations urbaines et commerciales comme la représentation de la femme sont d’autres sujets des artistes.

Gerard Fromanger.
rue de la chaleur, rue de la forêt, rue de la vie ensemble , rue des nomades.
4 tableaux huile sur toile

Peter Stämpfli.
Escalier de service.
1964 huile sur toile
Christian Babou Piscine et grillage à bordure défensive
1974 huile sur toile

Peter Stämpfli.
Drink
1974 huile sur toile
Peter KLASEN
Grand lavabo + 3 interrupteurs
1968.

Walter Strack. Sans titre 1965
Fernand Teyssier sans titre 1966
Werner Berges. Vanessa. 1969
Fernand Teyssier Conversation perroquet. 1966


Je passe, vous repasserez
1968

Gérard Schlosser. Sans titre. 1968

HENRY Maurice
Demain sourit en rêve
Mai 1968

Très complet, ce lien pour avoir les commentaires plus précis des deux commissaires de l’exposition. https://www.memorial-caen.fr/evenements/annees-pop-annees-choc-1960-1975/

Pour voir une vidéo et une présentation complète des tableaux, le lien avec la fondation Gandur pour l’art: https://www.fg-art.org/fr/exposition-expositions/annees-pop-annees-choc-1960-1975

La figuration narrative a introduit du réel dans une époque où les peintres étaient partis dans des recherches abstraites, de la peinture pour la peinture ou dans l’abstraction géométrique.

On ne soupçonne pas l’importance que ce mouvement a eu pour l’évolution de la peinture contemporaine.

Albrecht Dürer.

Une exposition sur la gravure intitulée “Noir et Blanc “ présentait une partie de la collection de gravure du Petit Palais. Très pédagogique, elle nous montre des gravures et eaux fortes rassemblées par des collectionneurs comme Eugène Dutuit et d’autres qui dès 1880 ont fait des donations à la ville de Paris .

Deux salles sont consacrées aux gravures de Albrecht Dürer .

J’espère que vous pouvez agrandir l’image et voir le paysage en bas de cette gravure grande comme une page de livre.

Au delà de la maîtrise de la perspective et du clair obscur de cette image, ce sont les objets et animaux qui parcourent symboliquement la lecture de cette gravure qui impressionnent. Que ce soit le sablier (le temps), le crâne (la mort) et les livres (la connaissance) , le plafond gravé de plantes, cette courge suspendue, donnent un sens. Tout cela sous le regard tranquille des animaux au premier plan etc… . Et sa signature sur le plancher etc …

Plus étonnant sont présentés des entrelacs.

Un autoportrait.

Albrecht Dürer Saint Eustache Burin taille 80cm /50cm

Jacques Gallot

Dans d’autres salles, l’exposition nous fait découvrir les eaux fortes de Jacques Gallot (1592 – 1635).

Jacques Gallot Le brelan eau- forte vers 1628.

Jacques Gallot la pendaison. Eau-forte vers 1633
extrait “ les grandes misères de la guerre suite de 18 pièces

Jacques Gallot Pillages d’une ferme . Eau-forte vers 1633
extrait “ les grandes misères de la guerre suite de 18 pièces

Jacques Gallot “La tentation de Saint Antoine “
Eau-forte vers 1635

A voir de très près pour percevoir une ambiance digne de Jérôme Bosch.

Jacques Gallot “La foire de Gondreville “
Eau-forte vers 1625

Sans vous montrer toute l’exposition, Rembrandt, Goya et d’autres, des explications sur les différentes techniques de gravure nous étaient données.

La gravure est un nom générique qui va du travail au Burin (qui est un travail sur la plaque de cuivre directement au Burin) ou le travail avec une pointe sèche, une gouge directement sur la matière comme le bois ou le Lino. Avec l’eau-forte, la gravure s’effectue sur un film de protection sur une plaque de cuivre ou certaines pierres ce qui facilite le dessin.

Ceci a permis une vraie révolution dans la diffusion des images, c’était le web de l’époque. Et beaucoup de tableaux étaient reproduits en gravure comme le tableau “Les Ménines” de Velasquez.

Francisco de Goya y Lucientes “ Les Ménines” eaux forte 1778
représentant le tableau de Diego Velasquez
( Goya réalisera plus de 17 Eaux forte de tableau de Velasquez )

Léopold Massart Eau forte 1879 sur papier Japon d’après un portrait huile sur toile réalisé parc Léon Bonnat de

L’eau-forte est un procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un mordantchimique (un acide). L’artiste utilisant l’eau-forte est appelé aquafortiste. À l’origine, l’eau-forte était le nom donné à l’acide nitrique.

Rembrandt. Harmensz.van Rijn. “Le Coquillage” 1650
eau forte pointe sèche et Burin

Rembrandt. Harmensz.van Rijn. “Les trois arbres ” 1643
eau forte pointe sèche sur papier filigrané.

Bref, ce Petit Palais est une vraie ressource pour l’histoire de l’Art.

Un plaisir de se promener dans ces gravures .

Paris de la modernité

Au petit Palais de la ville de Paris une exposition sur l’activité artistique de 1905 à 1925.

Le pari des commissaires de l’exposition est de donner un sens à cette révolution artistique qu’ont provoqué les artistes à Paris en cette période. Pour cela, ils ont rassemblé dans un parcourt chronologique les créations en peinture, mode, design et objets technologiques. Et la coupure de la guerre présentée par des tableaux est intéressante, de salle en salle on assiste à l’évolution des avant-gardes et à la réactivité rapide des créateurs dans différents domaines. De la mode à la musique en passant par l’industrie et l’architecture, ces 25 années ont été riches en bouleversement, et il en ressort une force qui se dégage, la joie de vivre et de créer.

Naturellement « L’exposition entend également mettre en valeur le rôle des femmes durant cette période. De 1905 à 1925, les mutations sociales sont spectaculaires. Des artistes comme Marie Laurencin, Sonia Delaunay, Jacqueline Marval, Marie Vassilieff ou encore Tamara de Lempicka participent pleinement aux avant-gardes. Symbole d’émancipation féminine, la silhouette de la garçonne est immortalisée par Victor Margueritte en 1922. Avec sa coupe courte et ses fines hanches, Joséphine Baker en est aussi l’incarnation. Joséphine Baker s’inscrit dans un mouvement de métissage croissant au sein de la société française. L’Antillaise Aïcha Goblet, célèbre modèle d’artiste, est immortalisée par Vallotton. » comme nous le précisent Juliette Singer et Annick Lemoine les deux commissaires de l’exposition.

Dans chaque salle, sont rassemblés peintures, sculptures, objets autour d’une thématique, ou un lieu, on commence par Montmartre.

André GIL. Enseigne du Lapin-Agile.

Pablo Picasso. Le repas frugal
1904 Eau forte sur zinc

On nous présente un des premiers tableaux de Picasso arrivant à Paris et un autre deux années après son arrivée à Montmartre. Sont présentées d’autres peintres qui ont aussi évolué vers le cubisme.

Pablo Picasso. Buste de femme ou de marin
1907 huile sur carton étude pour les demoiselles d’Avignon

D’autres cubistes homme comme Braque, Jean Metzinger et aussi des femmes.

Marie Vassilieff. Scipion l’Africain.
1916. Huile sur toile

Des sculptures.

József Csáky. Tête
1914 pierre blanche (premier sculpteur à inspiration cubiste)

Amedeo Modigliani Tête de femme 1911-1912

O

Blaise Cendrars et Sonia Delaunay La prose du Transsibérien et de la petit Johanne de France. Livre d’artiste dédicacés à B.Cendrars et et O. Zadkine

– De salle en salle, on regarde tous les artistes et courants artistiques qui évoluent.

Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau
La charmeuse de serpents, 1907,

Piet Mondrian Paysage avec des arbres .
1912. Huile sur toile présentée au salon des indépendants 1912

Le futurisme est présenté par le tableau de G Séverine pour montrer la danse et le mouvement au moulin rouge.

Gino Severini. la Danse du Pan-Pan au Monica.
1911 Huile sur toile (Réplique à l’identique du tableau )

Chana Orloff. David Ossipovitch Widhopff. 1923

Le fameux ready made de Marcel Duchamp et la merveilleuse sculpture de son frère sont présentés avec les innovations technologiques qui, selon leurs écrits, avaient remis en question le rôle de l’art .

Marcel Duchamp Roue de bicyclette.

Un des premiers ready made de l’artiste 1913. ( réplique certifiée M.Duchamp )

Raymond Duchamp Villon. Le cheval majeure 1917. sculpture bronze a patiné noir

“. Raymond Duchamp-Villon écrit: « La puissance de la machine s’impose et nous ne concevons plus guère les vivants sans elle ». Avec son anatomie stylisée, comme en pleine métamorphose, Le Cheval majeur traduit la fusion de la force vitale et de la force mécanique : la puissance nerveuse d’un cheval au galop et un train en marche. S’inspirant de la volonté cubiste de multiplier les points de vue sur un même objet, l’artiste puise aussi chez les futuristes la passion pour la vitesse, le dynamisme des formes et le progrès”

Une salle pour montrer des dessins sur la guerre.

Georges Scott. Effet d’un obus dans la nuit
1915 encre pastel et gouaches sur papier

L’après guerre

Cette époque a aussi transformé le théâtre; cela est présenté par des collaborations des peintres comme Picasso ou F. Léger.

Decors de Fernand Léger
Costume de P Picasso

Le rôle des artistes femmes pour montrer leur part entière dans cette révolution artistique et pas seulement comme objet mais comme le début du féminisme.

Tamara De Lempicka Perspective ou les Deux Amies.
1923 huile sur toile

Le grand couturier Paul Poiret
Robert Mallet-Stevens.
Maquette du pavillon du renseignement et du Tourisme
(reconstitution en 2013 par P.Velu de la maquette du projet)

Man Ray. Le Violon d’Ingres. 1924.
(Tirage réalisé à partir du négatif original.)

Robert Delaunay. Ville de Paris – la femme et la tour 1925. Huile sur toile

On retrouve dans cette exposition le plaisir des grandes expositions thématiques que le centre Beaubourg avait réalisé comme Paris/ Berlin Paris/Moscou etc…. Et je n’ai pas pu vous montrer un exemple de petits films d’époque qui marquaient le parcours, souvent très drôles.

Neo Rauch

Au MOCO de Montpellier vient de se terminer une rétrospective d’un peintre allemand des plus reconnus: Neo Rauch. Mieux que la présentation du commissaire de l’exposition, j’ai trouvé cette critique de Harry Kampianne très bonne.

A lire en entier sur le site :

Harry Kampianne

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/article/neo-rauch-un-peintre-en-etat-de-249979

…..Force est de constater que le MO.CO sous l’impulsion de Numa Hambursin ne prend pas la peinture à la légère, que ce soit à travers Immortelle, large spectre de la jeune peinture figurative française ou plus récemment Neo Rauch, figure majeure de la Nouvelle école de Leipzig, célèbre pour ses sujets énigmatiques desquels se dégagent un parfum de mystère et de mysticisme. …….

Neo Rauch vit la peinture entre ciel et terre, un œil dans les nuages et l’autre rivé au sol. Un état d’apesanteur qui colle à merveille au sous-titre de l’exposition Le Songe de la Raison, bien qu’il dit « ne pas chercher à peindre le songe. Je cherche seulement à en comprendre le mécanisme »….

La peinture de Neo Rauch est imposante, expressive, ne serait-ce que par la puissance graphique et gestuelle de ses compositions mais aussi par la démesure onirique de ses sujets. Il la nourrit de références à la Renaissance italienne et flamande, au romantisme allemand, à un dialogue avec les maîtres du passé, à certaines influences comme Francis Bacon et Garouste (ce qui paraît plus probable) et inévitablement à une déstructuration grinçante du réalisme socialisme. La charge des symboles est parfois lourde et complexe…….

,….Neo Rauch nous offre en réalité une merveilleuse vitrine de ce que la peinture peut encore révéler comme secrets.

Intitulée Le Singe de la raison, d’après la gravure de Francisco de Goya El suenõ de la razón produce monstrous dont s’est parfois inspiré Neo Rauch, cette rétrospective réunit une centaine d’œuvre .

la razón produce monstrous. De Goya

La présentation ne suit pas l’ordre de l exposition

Werkhof. Atelier 2018 huile sur toile

Herkunft. Origine. 2019. Huile sur toile

Abendglut. Lumière du soir. 2016. Huile sur toile.

.

Kap cape. 2018. Huile sur toile

Der lehrling. L’Apprenti. 2015. Huile sur toile

Das futteral. L’étui. 2022. Huile sur toile

Abstieg. Descente 2009. Huile sur toile

Vater. père. 2007. Huile sur toile
NEST . Nid. 2012. Huile sur toile

Certaines toiles ont une explication pour nous permettre de mieux comprendre et rentrer dans l’univers de ce peintre.

Pour être franc, j’ai eu du mal à rentrer dans son univers. Ce que je trouve étonnant c’est qu’il ait trouvé un large public, car cet univers de facture très (social-réaliste) des année 1930 dans les sujets et costumes, sans modernité, c’est juste l’introduction un peu surréaliste de certaines scènes et compositions et aussi le traitement de la peinture qui retiennent l’attention. Mais l’époque est à la peinture pour la peinture et à huile de préférence .

Pourtant au début de l’exposition, sont présentés ses premières toiles et dessins d’une autre facture.

Et c’est cette période (qu’il a renié) que je préfère.

Blague Baracke. Baraquement bleu. 1994. Huile sur papier

Sucher. Chercheur. 1997. Huile sur toile

Lage. Position. 1994. Huile sur papier.

Garden Im Sturm. Jardin dans la tempête. 1997. Huile sur toile

Plan. 1997. Huile et collage sur papier

Voilà comment se porte un volet du marché de l’Art en peinture. Fatigués des avant gardes, les collectionneurs ont des envies de peinture pour la peinture, se retrouver sur des formats, des peintures à huile avec un soupçon de modernité. On trouve un marché de collectionneur. Mais comme l’Art est la révélation d’un inconscient collectif, cette peinture représente bien une génération. Elle est loin de celle qui, il y a un siècle, voulait cesser la représentation figurative .

Et je ne suis pas sur que Neo Rauch soit le Goya á notre époque.

Nicolas de Crécy

Une exposition des dessins de Nicolas de Crécy à Cherbourg.

Un peu loin pour aller voir l’exposition de ce dessinateur que j’aime. Donc je vous propose une exposition virtuelle.

Donc, je n’ai pas vu le reflet de ses traits à la plume, ses couleurs réalisées en aquarelle, à la craie ou à l’encre, ni voir dans quel format les dessins sont-ils réalisés. Cette exposition, je pense, doit être en grands formats.

Et, comme le sujet de l’exposition, est: la cité. De façon identique dans ce blog d’images numériques je présente une sélection de ses dessins autour de l’architecture.

Nicolas De Crecy n’est pas un architecte. Il a construit un univers très diversifié qui lui est propre. Venant à l’origine de la BD, puis passant par être décorateur de film d’animation et l’illustration, c’est grâce à la BD qu’il s’est fait connaitre. Ceci avec des personnages comme Le Bibendum céleste, Léon la came, avec la Série Période glacière, et Le Chien Salvatore etc. Sa palette s’est agrandie et outre les dessins et illustrations de livre, il réalise maintenant ses dessins en grand format.

Nicolas de Crécy est devenu un artiste au sens des grands illustrateurs comme Gustave Doré, Daumier. C’est qu’il a su sortir de ses cases et nous faire voir avec une poésie et un décalage humoristique le portrait de villes et des gens qui y vivent. Comme l’écrit Alexis Duval dans un article du journal Lemonde: Dans chacune de ses œuvres, l’artiste ne semble aspirer qu’à une chose : tordre le cou à la rationalité en détournant ses codes et laisser libre cours à l’imagination.

Il faudra réaliser un autre blog seulement sur les personnages de Nicolas de Crécy. C’est justement la proportion de ceux-ci dans l’espace défini dans l’architecture dessinée qui fait la force de la lecture des dessins de l’artiste.

72nd Street Station. 2020

Affiche de l’exposition.

Affiche ARCHI & BD – LA VILLE DESSINÉE 2010

« Admirez le contre-jour, Satan ! …. 50 x100 cm

Bateau rouge. 2022

Hauteur : Nicolas de Crécy 2013

Fusain

.

Dans la banlieue de Luna Park
Nicolas de Crécy – 2022.

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Le Veau d’or, 2014

Florence. 2004

Le Yokai de Montmartre. Encre de couleur sur papier. , 30×40 cm. 2020

New York sur Loire

Mexico, 2021
Rue de Puerto Vallarta.
acrylique sur papier. 30 x 40 cm

Une vue de Lisbonne. 2002. Arbre. Encre, aquarelle et gouache 13 x 23.5 cm
LE FANTÔME DU CHIEN HANDICAPE 55,6 x 76 cm. Aquarelle, gouache et crayon de couleur, Publié dans l’ouvrage « New York sur Loire 3013

Et pour continuer, on peut voir le site : http://500dessins.blogspot.com/2014/05/la-republique-du-catch-paraitre-partir.html

Dessin dans “L’Orgue de barbarie”

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Merci à Nicolas de Crécy pour cette promenade dans son imaginaire de ville.

Il faut savoir que depuis plus de dix ans, l’auteur s’éloigne de la bande dessinée pour se consacrer au dessin sur grand format. C’est pour cela que l’exposition de Cherbourg-en-Cotentin doit être intéressante.

Et finissons en lui laissant la parole (source Wikipedia)

“Dans son travail de dessin en dehors de la bande dessinée, il parle du « grand plaisir du dessin pur ou de la couleur ». Son approche est plus intuitive, il cherche à être « moins illustratif et plus allusif » et à prendre ses distances avec le dessin réaliste.”

« La recherche sur les différents moyens de renouveler l’expression du rapport entre le texte et l’image, sans passer par la bande dessinée, a toujours été pour moi une préoccupation majeure. Comment une idée passe-t-elle du concept au papier, pourquoi l’exprimer plutôt par une image que par un texte, quel est le plus judicieux, le plus puissant, comment et sur quels critères choisir sont des questions que je me pose en permanence.

Frédéric Pajak

Dans la salle Dominique Bagouet de Montpellier, se déroule cet été une exposition sur cet écrivain/dessinateur : Frédérique Pajak. “Je ne fais que passer “ est le titre de cette exposition.

Pajak invente une forme originale : le texte et le dessin sont si intimement imbriqués qu’ils doivent se lire ensemble. Ce n’est pas un livre illustré, ni une forme de BD, mais un alliage à la fois fascinant et puissant entre les mots et les images, qui sont comme mis en miroir.

Son dernier livre est la suite de “Manifeste incertain”.

L’ exposition de ses dessins se présente sans texte sur les murs, avec juste une présentation de ses livres au centre de la pièce.

On entre doucement dans cet univers Noir et Blanc. Le dessin existe juste par envie de partager avec nous une écriture, un moment de vie, ou d’actualités.

Autoportrait
Présentation des dessins dans un cadre par série.

La plupart des dessins sont notifiés: “Sans date, encre de Chine, plume et pinceaux sur papier italien”.

Patagonie

Le désir

Pissarro

Sahara

Couverture du livre “ J’irai dans les sentiers” recherche autobiographique sur le couple Verlaine/Rimbaud, le poète Germain Nouveau et Isidore Ducasse l’auteur des “Chants de Maldoror 1869” trois poètes de la fin du XIX siècle.

En espérant de voir comment avec plumes, encre et pinceau, un auteur peut nous emmener dans une réalité qui, par ses sources différentes, donne juste le plaisir.

Les mots de l’article: Frédèric Pajak, dessins, salle Bagouet, encre, noie & blanc,

Le Festival des Architectures Vives

QU’EST CE QUE LE FAV ?

Le Festival des Architectures Vives est un parcours architectural à destination du grand public, qui permet de découvrir ou redécouvrir des sites emblématiques de la ville de Montpellier depuis 2006. Cette manifestation invite le visiteur à aller au contact de ce riche patrimoine en lui proposant des installations dispersées dans la ville. A Montpellier, il prend place au cœur de la ville historique et propose un parcours reliant des hôtels particuliers et cours intérieures, majoritairement privés, qui ne sont usuellement pas visibles pour les visiteurs.

https://www.festivaldesarchitecturesvives.com

1- Livrons nous. À Hôtel d’Hortoles rue des trésoriers de la bourse, 3 architectes parisiennes mettent en scène un livre dont les pages s’envolent vers le ciel avec beauté.

Charlotte JeanJean, Viviane Le Deunff & Camille Maire
Livrons nous de Charlotte JeanJean, Viviane Le Deunff & Camille Maire

2- Medi FAV

Plus réaliste et écolo-économique, le travail réalisé par les étudiants de l’école Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, dont le sujet est la coquille d’huître: les panneaux, voiles et murs sont installés dans la cour de l’hotel Saint Côme.

L’enjeu du projet sera ainsi de réaliser une expérimentation autour de la réutilisation des coquilles d’huîtres, ordinairement considérées comme des déchets, afin d’en changer le statut et de les transformer en matériau innovant pour l’architecture.

Medi FAV

3- LES FLEURS DE LA MALADIE

Plus étrange le travail de Hagijo qui est un collectif de jeunes diplômés en architecture et urbanisme entre Munich, Weimar, Berlin et Bruxelles, nommé LES FLEURS DE LA MALADIE.

“Aujourd’hui, un champ de fleurs de tests Covid-19 périmés pousse aux Trésoriers de la Bourse. La santé est toujours un état fragile qui peut être déséquilibré instantanément par des facteurs externes.
Simultanément, les matériaux utilisés reflètent la question de la durabilité, car les tests et la plate-forme seraient autrement mis au rebut.”

LES FLEURS DE LA MALADIE

4- Washi Paper Pavilion.

Réalisé par YET Architecture, composé de KATLIARSKAYA Anastasiya et KATLIARSKI, venant d Israël et de Biélorussie, ils ont imaginé un cocon étrange.

“Le pavillon est un cylindre, une enveloppe constituée d’un matériau homogène, sans contraste avec l’environnement qui l’entoure, notamment le papier. L’espace intime comporte des ouvertures qui dégagent des perspectives sur le mouvement des personnes, les détails architecturaux et le ciel en constante évolution.”

Washi Paper Pavilion

5- Two Point Five Planets

C est du Portugal que SPÍNOLA Vicente est venu pour créer ces volumes basiques qui reflètent le soleil et prend les couleurs.

“En référence à la fragilité des équilibres, cette installation fait allusion à la crise climatique imminente, notamment due à la surexploitation des ressources de notre planète, où il faudrait 2,5 planètes pour supporter le mode de vie actuel de l’Européen moyen.”

Two Point Five Planets

6- Matière Morte

C’est de Montpellier que les architectes de l’atelier d’architecture AJAM composé de Joël Bastide, Florent Gadois, Lucien Magne, Loïc Moine et Charles Pichon, ont implanté 2 colonnes dans la cour de la fac de médecine.

“Signifier la verticalité. L’atmosphère d’un paysage intérieur qui, contenu sur lui-même, s’ouvre à l’immensité du ciel. En réaction à cela, nous explorons l’élancement d’éléments de matière sublimant cette relation fondamentale entre la terre et le ciel.“

“Cristalliser une matière morte. La matière peut être retirée d’une fonction à laquelle celle-ci répond, devenant une matière morte, sans que celle-ci le soit réellement. En ce sens, nous croyons en la capacité à se saisir de cette matière morte comme ressource à cristalliser.“

Matière Morte

7. Ici, fût.

Ici, fût.

Venant de Montréal au Canada LAFLEUR-CHARTIER Christophe joue le minimaliste avec 3 perches noires et 3 tabourets dans un triangle blanc.

“ Ici, fût évoque délicatement les traces d’une présence humaine ancienne. Est-ce les restes d’un lieu de culte abandonné ou ceux d’un simple abri de nomades?
En matérialisant ce mystérieux aura associé aux vestiges humains, l’installation cherche à sensibiliser l’observateur sur la fragilité de notre passage sur terre.
Ceux qui furent et ceux qui seront : nos ancêtres et notre descendance… Une notion qui semble avoir déserté nos esprits contemporains au profit du moi, au profit du présent.
Minimale, l’installation mise sur la puissance des symboles architecturaux communs afin de s’ancrer dans le domaine de l’universel évitant ainsi toutes attaches culturelles spécifiques”

Ici, fût

8- The holy wells

Venant de Seattle // États-Unis SCHAENGOLD David et TRYON Jerome nous présentent d’étranges tours sous lesquelles on peut apercevoir une autre personne sous une autre tour par un effet de miroir.

– The holy wells

La méthaphore avec les tours de New York est assumée complètement dans la communication du projet.

“Dans la cour de l’Hôtel de Lunas, un espace moderne précoce et proto-séculier, nous introduisons six de ces fontaines superstitieuses, qui sont également des tours, élevées vers les cieux, comme un clocher ou un minaret.”

“Et bien qu’elles soient en effet des portails vers un autre monde, cet autre monde est celui que nous traversons habituellement sans y penser : le monde qui est le visage d’une autre personne. Chaque tour-fontaine, tout en étant un objet isolé, est reliée par des miroirs et une perspective forcée à une autre tour-fontaine. Il est surprenant de regarder dans une fontaine et de voir un visage qui n’est pas le nôtre. C’est une expérience qui nous amène à nous attendre à de la magie. Et c’est bien le cas. Bien que le visage d’un étranger soit l’une des vues les plus ordinaires du monde, il n’en demeure pas moins une vue dont la qualité sacrée est facile à croire. Ces fontaines de dévotion montrent une compréhension possible du sacré : voir le visage d’une autre personne.”

9- Make a Wish

– Make a Wish

Il y a aussi l’équipe composée par María José et Juanes, tous deux architectes et designers équatoriens ont obtenu leur diplôme en architecture et ont ensuite obtenu leur maîtrise à la MArch School of Architecture & Design de Valence. Fondateurs de WOW estudio.

L’équipe nous propose une installation où elle invite les visiteurs à écrire leurs voeux sur un petit papier rose, à le plier avec la technique de l’origami en forme de fleur et à le déposer dans la rivière infinie. Plusieurs contenants seront disposés le long de la surface, les mêmes qui seront progressivement remplis en fonction de la visite des personnes et des souhaits dédiés. L’installation sera différente tout au long de la journée, il n’y aura jamais deux souhaits identiques mais ils seront tous dédiés à l’infini.

10- Vérités

Vérités

Il y a aussi le projet de LoCo Architectes de DIVOL Corentin et RAINEVAL LOÏC architectes de Montpellier.

Par-delà un corridor rendu obscur, l’allégorie de la sacralité que nous formulons est décomposée en deux éléments: un cœur, représentant la notion de sacralité dans son universalité, et la peau, représentant la vérité projetée sur ce cœur. Cette vérité ne sera pas unique, mais multiple, animée par le va-et-vient des visiteurs. La sacralité prendra ainsi autant de formes qu’il y aura d’êtres dans la cour de la Petite Loge.

Concrètement, ils diminuent l’espace pour accéder à la cour de la petite loge pour mieux monter celle ci par un Jeux de pyramide renversé en miroir qui nous permet de voir les détails de l’architecture de la cour.

Toujours un plaisir de déhanbuler dans les rues de Montpellier pour découvrir ces espaces souvent issus du XVIIIème siècle où les jeunes diplômés nous parlent de leur envie, et nous montrent cet espace sous un angle qui leur est propre.

Les mots de l’article:

F.A.V. 2023, festival des architectures vives, Montpellier, Le Festival des Architectures Vives,