En se promenant dans une boucle de la Seine dans le Vexin, on traverse le petit village Saint-Martin-la-Garenne, et là, dans la salle municipale, une petite exposition de peinture et de céramiques d’artistes de la région.
Voici la présentation du travail de deux artistes de ce salon d’automne.
Le premier artiste présentait des dessins de grand format réalisés avec des traits d’encre très fins.
Jacques Landais
C’est sa finesse de travail qui est impressionnante, quand à la composition finale de chaque dessin, cela nous renvoie à du végétal mais avec un esprit de dessin technique.
Si on rentre dans le détail, un autre univers apparaît dans chaque espace, et on entre dans un autre territoire, les traits 0,2 mm ont dessiné d’autres formes et d’autres ambiances graphiques.
La deuxième artiste s’appelle Béatrice Duroure. On apprend sur différents sites qu’après avoir collaboré dans l’ illustration et la bande dessinée et ainsi que d’autres collaborations graphiques, elle a démarré un travail en peinture qui n’est pas sans rappeler H.Hopper. Mais c’est plus que du Hopper, son travail joue avec les reflets et les ombres des objets et de leur volume, reflets et ombres qu’elle retravaille en couleur pour en faire une composition qui va au delà de la représentation. Et souvent le tableau renvoie à un clien d’oeil aux autres peintres.
Béatrice Duroure. Seven O’clock. 2020. Acrylique sur toile. 39/46 cmBéatrice Duroure. Après midi d été. Béatrice Duroure. Voyage à Panam Béatrice Duroure. Mondrian café 80/80 cm. Huile sur toile Béatrice Duroure. Le Soufflot. 81/65 cm. Acrylique sur toile Béatrice Duroure. Red Coffee. 55/38 cm. Acrylique sur toileBéatrice Duroure. Paradise . 65/54 cm. Huile sur toile. 2020.Béatrice Duroure. Le fumoir . 80/40 cm. Acrylique sur toile. 2017Béatrice Duroure. Rendez-vous . 92/65 cm. Acrylique sur toile. 2020
Le titre de l’exposition est une cinquième saison.
Le concept d’une cinquième saison évoque, comme une intersaison, un état transitoire entre ce qui n’est plus et ce qui est à venir. Il trouve son origine dans la médecine traditionnelle chinoise qui le définit entre une période de relais.
C’est aux changements d’état et aux transformations que se sont intéressées les trois artistes. Chacune crée un parcours visuel, sensoriel, sensible, de différentes matières, d’échelles et de couleurs. En assemblant, découpant, imprimant des formes végétales et minérales, c’est notre propre rapport à la nature que les artistes interrogent.
Les sculptures et les photographies de Maïa Amiel évoquent la fragilité du cycle de vie du végétal tandis que Nathalie Trovato, elle, à travers ses dessins cherche à créer la sensation d’un enfant face au paysage. Enfin, Anne Even, joue avec les empreintes par des monotypes de feuilles, impressions uniques, comme la nature l’offre. Elle réalise aussi une installation olfactive.
Les trois artistes se sont réunis pour présenter leur travail dans les salles voûtées de Saint Ravy .
1- Maïa Amiel
Maïa Amiel présente la série des Métamorphoses Vivantes en questionnant le cycle de vie du végétal. Formée à l’Ecole des Beaux-Arts de Nîmes et l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg en objet textile, l’artiste a exploré différentes pratiques et médiums, de la sculpture à la photographie en passant par la performance et l’installation. Sa fascination pour les éléments naturels, la production textile et la recherche de limites dans la matière, l’amène à dépasser les frontières entre art, artisanat et design. Ces créations textiles, habillées de perles, sont issues du monde végétal organique ou minéral.
D’abord en photographie
Maïa AmielMaïa Amiel
Et un travail de sculptures textiles impressionnantes.
Designer textile
Maïa Amiel déplace les frontières entre Art, Artisanat et Design à travers ces créations. Métaphoriques et poétiques, inspirées par la nature, tant par le règne animal que le monde végétal, ses pièces uniques nous subjuguent.
Certaines techniques utilisées sont empruntées au monde de la haute couture et du luxe, elles sont associées à des pratiques artisanales ancestrales populaires. Broderies, tissages, mailles et plis donnent vie à son univers singulier.
Le geste et le temps sont des éléments indissociables du processus créatif, un geste précis et précieux comme celui de l’artisan; accompagné d’une intention contemporaine pour former une alchimie de l’étrange.
Anne Even est psychomotricienne, artiste et autrice, diplômée de l’Ecole des Beaux-arts de Grenoble et de Montpellier. En parallèle de son travail de clinicienne, elle développe une approche artistique dont la préoccupation constante est le corps, corps mis en scène, corps dans l’espace. Pour cette exposition, son approche du végétal se décline sur trois supports distincts : monotype, photographie et sculpture. A partir de feuilles et de branches sélectionnées, l’artiste imagine des compositions faisant apparaître des formes et des couleurs entre figuration et abstraction.
3- Nathalie Trovato
Nathalie Trovato a étudié les langues et l’histoire de l’art avant de passer une grande partie de sa vie à l’étranger. Artiste autodidacte, ses dessins ont accompagné de nombreux textes et albums jeunesse et ont fait l’objet de plusieurs expositions. Elle questionne le vivant, de manière ludique et poétique avec une approche minimaliste du dessin. Pour cette exposition, elle crée un parcours immersif en noir et blanc qui rappelle le cheminement de l’enfant face au monde qui l’entoure et l’émerveillement que cette rencontre génère.
En jouant avec les rapports d’échelle, des pleins et des vides, elle nous invite à une lecture épurée et contrastée de la nature. Elle crée également des décors immersifs, à partir de papier peint et d’impressions textiles, dans lesquels la narration visuelle célèbre la nature et stimule l’imaginaire. Son site : https://www.nathalietrovato.org
Je pense que c’est Nathalie Trovato qui a créé cette sculpture de silhouettes découpées qui projette sur le mur des histoires merveilleuses.
Un plaisir de voir des artistes qui prennent du plaisir à travailler la matière, les couleurs et les formes.
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La ville d’Arles organise un festival sur le dessin, dans plusieurs lieux. On continue vers l’espace Van Goth, les salles de l’hospice du peintre sont transformées en salle d’exposition autour du jardin qui en fait un lieu agréable.
Commençons par Hervé Di Rosa qui présente ses dessins en noir et blanc. Lui qui a importé les codes de la bande dessinée dans la peinture, ici pour ses dessins, dans une tradition graphique proche des comix US, ses dessins sont plus travaillés. Certaines références viennent de la peinture, Brugel est pas loin, et ses dessins forment un tout aussi intéressant, sinon plus que certains de ses tableaux.
Jacques Loustal.
Puisque l’on parle de BD, celui que l’on connaît par ses BD dans le Magazine A Suivre, et ses album présente dans une salle ses dessins.
Loustal. Cabane encre de chine aquarelleLoustal. Castel San Telmo Napoli encre de chine aquarelleLoustal. encre de chine aquarelleLoustal. encre de chine aquarelleLoustal. encre de chine aquarelleLoustal. encre de chine aquarelleLoustal. Portrait de Famille encre de chine aquarelleLoustal. L’embarcadère de Cartagène. encre de chine aquarelleLoustal. Une épave dans l’Utac encre de chine aquarelleLoustal. encre de chine aquarelleLoustal. Rêve de la baleine carrée. encre de chine aquarelle
Dans une autre salle, on trouve les collages de Anna Sommer.
Anna Sommer La scie. Papier découpéAnna Sommer , Patin Papier découpéAnna Sommer Lampion. Papier découpéAnna Sommer. Désir IV Papier découpéAnna Sommer. Désir III Papier découpéAnna Sommer. Désir V Papier découpéAnna Sommer. Désir III Papier découpé
– NOYAU –
Et dans une autre salle, Noyau a suspendu de grands dessins impressionnant par leur format.
Il y a d’autres salles et lieux d’exposition mais le propre de ses festivals à force d’être multiples et variés, on ne peut pas les condenser dans un petit blog.
Je ne suis pas rentré dans les dessins Dorothée Selena.
Exposition d’une photographe Dora KALLMUS (1881-1963) qui se déroule au Pavillon Populaire de Montpellier ( la Surface de la Chair). Sous le nom de Madame d’Ora, elle fut une photographe renommée.
Travaillant comme portraitiste mondaine d’abord à Vienne, alors centre culturel majeur et laboratoire de la modernité en Europe, puis dans le Paris des Années folles.
Le peintre Gustav Klimt. 1909
De son portrait du peintre Gustav KLIMT en 1908 jusqu’à celui de Picasso en 1958, utilisant les techniques les plus modernes, elle traite de nombreux sujets au fil d’une carrière extraordinaire de plus de 50 ans.
La danseuse Anna Pavlova. 1913Alma Mahler. 1916
Précurseure, elle est en 1908, l’une des premières femmes à ouvrir un studio de photographie à Vienne. Les aristocrates, les actrices et les créateurs de mode apprécient son intuition artistique, son talent pour saisir la personnalité de ses modèles, pour agencer les vêtements et les accessoires, et bientôt de nombreux magazines publient régulièrement ses images.
La comtesse Lilly Coudenhove-Kalergi ( 1er pilote d’avion ). 1917. La chanteuses Hélène Jamrich 1910.
Pyjamas du Wiener. Werklätte. 1919
C’est en 1925 qu’elle s’installe à Paris, où elle est immédiatement appelée par les maisons de haute couture comme Balenciaga et Chanel pour photographier les tenues élégantes portées par Tamara de Lempicka, Joséphine Baker et beaucoup d’autres. Figure majeure de la scène artistique, elle réalise de nombreux portraits d’atelier des personnalités en vogue, qu’elle côtoie dans la haute société de son temps.
Bracelet et bague en cristal de roche blanc de Paul Lévy. 1931. Chapeau de Madame Agnès. 1935La danseuse Joséphine Baker. ( cartes á cigarettes). 1027
Le peintre Tsuguharu Foujita. . 1926
Mais la guerre vient bouleverser sa vie et son travail. Juive convertie, elle perd son studio parisien pendant l’Occupation, ce qui la contraint à se cacher en Ardèche durant plusieurs années au cours desquelles sa famille et ses amis sont persécutés.
Retournant à Paris après 1945, ayant tout perdu, elle porte alors un regard aiguisé mais empathique sur les victimes de la guerre, et beaucoup plus distant sur le glamour et l’argent.
Dans un camp de réfugiés 1948Série les abattoirs.
Sidonie-Gabrielle Colette dite Colette. Écrivaine 1954Le peintre Pablo Picasso 1955
La romancière Louise de Vimorin. . 1955
Des éblouissements aux temps les plus sombres, des artistes d’avant-garde aux réfugiés démunis, jusqu’à l’étonnant travail métaphorique sur les abattoirs parisiens, les portraits de Madame d’Ora racontent de manière saisissante les bouleversements de la première moitié du XXe siècle. ( les textes sont issus du catalogue de l’exposition ).
photographie, Dora KALLMUS (1881-1963), Pavillon Populaire de Montpellier, Madame d’Ora,